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12 juin 2026

160 ans – 160 jeunes : le ciel comme horizon

Cap sur les nuages – Six étapes, deux régions, un anniversaire — et une conviction partagée : offrir à des jeunes qui doutent d'eux-mêmes la chance de voir leur vie depuis le ciel, et de comprendre qu'ils peuvent en être les pilotes. Quand des adultes s'engagent vraiment à leurs côtés, les jeunes peuvent prendre de la hauteur — au sens propre comme au sens figuré. Retour sur une aventure qui restera gravée dans les mémoires.

160 ans 160 jeunes , le ciel comme horizon

À bord pour six escales 

Du 25 mai au 3 juin, pendant dix jours, les pilotes et équipes bénévoles de l'association Les Citoyens du Ciel ont sillonné la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie. Six aérodromes, six temps forts inter-établissements, et une même ambition : offrir à chaque jeune, le temps d'un vol, la possibilité de voir sa vie sous un autre angle. 

Ce tour aérien n'est pas né par hasard. Il marque à la fois les 160 ans de la Fondation Apprentis d'Auteuil, les 90 ans de sa présence dans le Sud-Ouest, et les 10 ans de partenariat avec Les Citoyens du Ciel. Trois anniversaires, une seule conviction : les grandes expériences forgent les personnes. Et cela, notre projet éducatif le porte depuis toujours. 

Mais avant même le premier vol, Les Citoyens du Ciel s'étaient déjà déplacés dans trois établissements — au collège Sainte-Bernadette, sur le site Blanquefort et à la MECS Chiara luce de Saintes — avec leur simulateur de vol. Casque sur les oreilles, manche en main, paysage qui défilait sur les écrans : plus de 100 jeunes ont pu prendre les commandes d'un ULM, les pieds encore bien sur terre. Pour beaucoup, c'était la première fois qu'ils se projetaient aux commandes de quelque chose. On s'y croyait vraiment. 

Des jeunes de Sainte-Bernadette essayent le simulateur de vol
(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest
Le simulateur de vol des citoyens du ciel
(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest

Journal de bord 

25 mai, Saintes (17)

7h30 sur l’aérodrome. Le soleil est déjà haut, la chaleur estivale, et les bénévoles s'activent sous l'œil bienveillant d'Isidore, mascotte officielle du tour. Les 29 jeunes et éducateurs de la MECS Chiara Luce arrivent sur le tarmac. Avant de monter à bord, chacun crée sa carte d'embarquement : un dessin de son état d'esprit avant le vol, puis après. Inquiétude, curiosité, un peu de peur. À 9h, les premiers avions décollent. Et rapidement, l'émerveillement prend le dessus. Ils reviennent avec des sourires impossibles à cacher, les yeux déjà tournés vers le ciel. 

26 mai, Yvrac (33)

31 jeunes des MECS Saint-Joseph, MAMiNA Marie, de l'ensemble scolaire Saint-Joseph et de l'école Saint-Étienne rejoignent l'aérodrome. La chaleur devient intense en milieu de matinée. Les turbulences s'invitent. Les petits avions restent momentanément au sol. Seuls les ULM continuent leurs rotations. Face à cela, bénévoles et partenaires se mobilisent, un appareil supplémentaire est mis à disposition. Pari réussi : tous les jeunes présents s'envoleront. Et en milieu de journée, surprise inattendue — un hélicoptère de l'Armée de l'air se pose pour une escale. Les militaires ouvrent spontanément leur cockpit. Les questions fusent, la curiosité s'exprime pleinement. Un moment de rencontre dans la pure tradition d'Apprentis d'Auteuil : « Notre établissement a toujours été un milieu essentiellement cosmopolite », rappelait dès 1898 l'abbé Louis Roussel, fondateur d'Auteuil. Une rencontre impromptue, mais qui dit beaucoup de ce que peut provoquer ce genre d'initiative : quand on crée les conditions des rencontres, l'inattendu arrive.

28 mai, Tarbes-Laloubère (65)

Les 30 jeunes du collège Sainte-Bernadette découvrent depuis les airs les reliefs pyrénéens. Certains aperçoivent Lourdes au loin. Ils pensent déjà au pèlerinage qui les réunira en octobre. À midi, diplômes, cadeaux, pique-nique partagé avec les bénévoles. Des liens se tissent. Une petite communauté se construit autour d'un sandwich et d'une vue sur les Pyrénées.


29 mai, Montauban (82)

30 jeunes des établissements Sainte-Claire, Campus Saint-Lubin, MECS La Providence et MECS Saint-Roch prennent leur envol.

1er juin, Toreilles (66)

Face au Canigou, les jeunes des MECS San Jordi, Ange Gardien et de l’établissement Saint-Louis à Perpignan arrivent — certains après deux heures de route. Le vent impose de démarrer tôt. 25 jeunes s'envolent sous un ciel catalan.

3 juin, Castelnaudary (11)

Dernière étape. Les jeunes des Campus Saint-François, de Saint-Louis et du Collège Saint-Jean bouclent le tour dans des conditions météo enfin clémentes. Pilotes et bénévoles partagent une dernière fois leur passion et leurs encouragements. Dans les cockpits comme sur le tarmac, une ambiance empreinte de joie et de fierté. 
 

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(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest
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(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest
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(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest
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(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest
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(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest
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(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest

Bien plus qu'un baptême de l'air 

Au total, ce sont 144 jeunes et 22 éducateurs — 166 personnesqui ont pris leur envol, pour les 160 ans d'Apprentis d'Auteuil. 

À chaque étape, une fois la carte d'embarquement remplie, les jeunes sont invités à faire un autre geste : écrire une carte postale. Vœux, rêves, défis, fiertés. Ce qu'on n'ose pas toujours dire à voix haute, on peut l'écrire là, sur une petite carte, sachant qu'elle voyagera à bord d'un avion avant de rejoindre Lourdes en octobre, afin d’être confiés à la Vierge Marie. Les mots qui en sont sortis sont d'une franchise qui touche. 

« En 2026, je me lance le défi de trouver le bonheur, de trouver la paix, et de surmonter mes peurs et traumatismes. » 

« Mon rêve, c'est d'être accepté et de trouver un patron pour mon BTS, et d'être heureux en famille. » 

« En 2026, je me lance le défi d'avoir le permis moto ASSR — et peut-être le permis avion plus tard ! » 

« Mon rêve, c'est de refaire ce vol, et de rentrer chez moi avec mon frère et ma sœur. » 

« En 2026, je me lance le défi de réussir ma vie et ma 6ème, et de pouvoir déménager plus près de chez moi, sans problème d'argent. » 

« Bonjour Vierge Marie, je t'écris une lettre pour que tu exauces mon vœu : que mon papa revienne en métropole. » 

« Je suis fière d'avoir vaincu mes peurs. » 

« En 2026, je suis très fière de mon année — j'ai eu 16 de moyenne. Mais je me lance le défi d'avoir 17 en 4ème. » 

« Je suis fier du chemin que j'ai accompli. La vie continue. » 

« En 2026, je me lance le défi de faire un max de sorties avec les jeunes de l'internat, et d'être heureux. » 

Des mots courageux. Des mots vrais.  

Jean-Paul Burgues, président des Citoyens du Ciel, l'a formulé simplement, en s'adressant directement aux jeunes à l'issue d'une étape : 

« Aujourd'hui, vous avez été copilotes. Là-haut, l'horizon est plus joli — parce qu'il gomme les difficultés. On en a tous. Mais ce matin, vous avez volé au-dessus de vos nuages, et vous avez vu le soleil briller pour vous. Ce n'est pas toujours facile. Mais c'est faisable. Ne laissez jamais personne vous dire que vous êtes nuls. Vous avez la chance d'être entourés chez Apprentis d'Auteuil. Construisez l'échelle de votre vie. » 

Prendre de la hauteur au sens propre pour apprendre à le faire au sens figuré. Dépasser une peur pour en dépasser d'autres. Voir son territoire depuis le ciel pour réaliser qu'on peut y trouver sa place. Ce tour aérien n'était pas une sortie de loisirs. C'était un acte éducatif, pleinement ancré dans ce que porte Apprentis d'Auteuil depuis 160 ans : faire émerger les richesses et les potentialités de chacunaider chacun à construire un chemin de vieparcourir ensemble un chemin éducatif pour découvrir la valeur de sa vie et trouver sa voie

Un écho qui va loin 

Dans les jours qui ont suivi le tour, les retombées ont été nombreuses : 11 articles de presse écrite régionale1 reportage en télévision locale2 passages en radio. Des journalistes qui ont voulu voir, comprendre, raconter. Une couverture qui dit quelque chose de la force de ce projet — sa capacité à parler au-delà de nos établissements, à toucher des gens qui ne connaissent pas encore Apprentis d'Auteuil, à donner à voir ce que nous faisons concrètement sur le territoire :

Et au-delà de la notoriété, c'est un sentiment d'appartenance qui s'est renforcé. Entre établissements, entre éducateurs, entre jeunes qui ne se connaissaient pas et qui ont décollé ensemble. Une communauté de vie éducative en actes. 

Rendez-vous à Lourdes en octobre 

Les cartes postales rédigées à Saintes, Yvrac, Tarbes, Montauban, Torreilles et  Castelnaudary, voyageront encore. Déposées à Lourdes lors du pèlerinage des 19, 20 et 21 octobre, elles porteront les rêves, les défis et les espoirs de ces jeunes jusqu'à Notre-Dame. Un fil invisible qui relie le ciel du Sud-Ouest à celui de Lourdes — et qui dit, à sa façon, que ces parcours ne se construisent jamais seuls. 

Les rêves écrits à quelques centaines de mètres du sol retrouveront un lieu de recueillement et d'espérance. Une manière de rappeler que l'accompagnement que nous proposons ne s'arrête pas à la porte d'un établissement — il traverse le temps, les étapes, et parfois même les nuages. 

 

Merci aux équipes des Citoyens du Ciel, à leurs pilotes bénévoles, et à toutes les équipes de nos établissements qui ont rendu ce tour possible. On se retrouve à Lourdes. Et un remerciement spécial à Christine Lesueur, ambassadrice d’Apprentis d’Auteuil à Toulouse, qui à embarqué pour ce tour aérien en tant que bénévole auprès de l’équipe des Citoyens du ciel.

Les bénévoles du tour aérien devant un des ULM
(c) Apprentis d'Auteuil Sud-Ouest